Lectures importantes : 4 ouvrages à lire

Lectures importantes : 4 ouvrages à lire

Sophie Coignard, Le pacte immoral
J’ai Lu Document, 2014

12695940_10206957694114246_1637080704_n Dans Le Pacte immoral, Sophie Coignard, grand reporter au Point et auteur de plusieurs ouvrages d’investigation sur les francs-maçons et sur les réseaux en général, s’attache à mettre au jour les divers blocages et freins qui paralysent l’action de l’Éducation nationale, laquelle se révèle être incapable de mener sa mission à bien. Sous-titrée Comment ils sacrifient l’éducation de nos enfants, cette enquête s’appuie sur des entretiens qu’a eus Sophie Coignard avec, entre autres interlocuteurs, quelques anciens ministres de l’Éducation nationale, des inspecteurs d’académie ainsi que des professeurs. Le « pacte immoral » auquel se réfère le titre de cet ouvrage est, selon l’auteur, un accord plus ou moins tacite conclu entre hommes politiques et tenants de la pédagogie moderne profondément influencée par les théories issues de l’après mai 68 : tandis que les pédagogistes obtenaient toute latitude pour imposer leurs conceptions aux conséquences délétères (baisse du niveau général, mépris des savoirs fondamentaux, etc.), les politiques, dont les enfants fréquentaient et fréquentent toujours les meilleurs établissements, publics ou privés, observaient un silence au mieux indifférent, au pis complice. Le bilan dressé par l’auteur de près de cinquante ans d’idéologie gauchiste d’une part et de renoncement d’autre part est sans concession : non seulement l’école de la République n’est plus à même d’assurer sa fonction, mais en outre l’inégalité entre les élèves se creuse car peu nombreux sont ceux qui peuvent fréquenter les bons lycées. En ces temps où les réformes de madame Belkacem provoquent une forte contestation, la lecture de cet ouvrage paru initialement en 2011 s’impose sans conteste.

Maurice Maschino, L’école de la lâcheté
J’ai Lu Document, 2008

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Ancien journaliste au Monde diplomatique et auteur d’une vingtaine d’ouvrages dont la plupart traitent de l’école, Maurice Maschino, qui fut lui-même professeur de philosophie, aborde dans L’école de la lâcheté le thème de la faillite du système scolaire : pédagogisme se voulant moderne, réduction du nombre d’heures consacrées aux enseignements fondamentaux, simplification voire appauvrissement des programmes, système de notation aberrant, attribution quasi générale du bac, l’auteur dresse ainsi de façon implacable la liste des maux dont souffre l’école contemporaine. Maschino explique comment et pourquoi les chefs d’établissements, les inspecteurs d’académie, voire les ministres, baissent les bras et choisissent l’inaction par crainte de nuire à leur carrière, laissant ainsi les professeurs désemparés et sans soutien de leur hiérarchie, quels que soient les problèmes qu’ils peuvent rencontrer dans l’exercice quotidien de leur tâche. Selon Maschino, l’image que donne d’elle-même l’école d’aujourd’hui n’est plus celle d’un lieu d’enseignement mais la représentation d’une sorte de garderie au sein de laquelle le savoir transmis est réduit au strict minimum. En un style enlevé qui ignore tout de la langue de bois et en moins de deux cents pages, l’auteur dresse un constat dur mais édifiant de ce qu’est devenu l’école française.

Françoise Nore, Vocabulaire du français contemporain: avec des exemples effrontés et des commentaires insolents, 2015

12714290_10206957691274175_545775493_nVoici un ouvrage fort utile ; qui n’a jamais eu un doute sur l’utilisation d’une expression ou sur le sens d’un mot ? En près de cinq cents pages, l’auteur, docteur en linguistique et professeur de français, analyse environ un millier de mots et tournures souvent maltraités par un usage qui, sous l’influence de médias peu soucieux de se relire, tend à méconnaître de plus en plus les règles du bien parler. On apprend ainsi, par exemple, que se dorer la pilule est un barbarisme, qu’on ne peut parler d’élections présidentielles au pluriel, que le nom gens est hermaphrodite, qu’on ne change pas l’horaire d’un rendez-vous mais son heure, qu’on ne souffre pas d’une pathologie mais d’une maladie, ou bien encore qu’un avion ne se pose jamais sur le tarmac d’un aéroport mais sur une piste. À ces articles, l’auteur a ajouté une trentaine d’annexes traitant de sujets particuliers comme les noms sur le genre desquels on hésite (un ou une écritoire ?), les paronymes (conjecture ou conjoncture ?), les homophones et leurs redoutables problèmes de graphie (censé ou sensé ?), les confusions de sens (éviter ou épargner ?), ou bien encore les pléonasmes (un sarment est toujours de vigne). On notera que les exemples et les commentaires sont, comme le laisse entendre le sous-titre de cet ouvrage, souvent rédigés avec une plume qui se moque du politiquement correct et qui est autant à l’aise dans le bon usage du français que dans l’humour. À lire pour apprendre, ou réapprendre, en se distrayant.
L’auteur n’ayant pas encore d’éditeur, cet ouvrage est pour l’instant uniquement disponible sur amazon.fr : ici.

Natacha Polony, Nos enfants gâchés – Petit traité sur la fracture générationnelle
Jean-Claude Lattès (2005)

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Agrégée de Lettres modernes et ancien professeur de français dans un lycée de la Seine-Saint-Denis, Natacha Polony signait avec cet ouvrage le premier d’une série de livres dans lesquels celle qui tient actuellement la revue de presse matinale sur Europe 1 s’est attachée et s’attache toujours à examiner les travers de la société contemporaine pour mieux les dénoncer. Nos enfants gâchés est un brillant réquisitoire contre une époque qui tourne le dos à son passé, maltraite sa langue et renie tout ce qui lui a été transmis depuis des siècles. Les premières victimes de cette inversion des valeurs – car la préservation du passé est une valeur – sont les jeunes, qui ne sont plus véritablement des écoliers mais plutôt des visiteurs d’écoles dans lesquelles la transmission culturelle n’est plus de mise, celle-ci étant méprisée, sinon raillée, par l’idéologie gauchisante mortifère et dominante. Mais Natacha Polony ne se contente pas de dessiner le tableau déprimant de notre époque ; elle s’interroge en effet sur le devenir de ces jeunes générations déculturées par un système dangereux, quasi ignorantes d’une culture et d’une Histoire communes en danger qui ne sont plus considérées comme un socle sur lequel on bâtit. Et on ne peut se construire un avenir sans être profondément et charnellement lié à ses racines et à sa civilisation. Il convient donc de rejeter le renoncement, l’indifférence et la soumission au mouvement qui voudrait balayer le passé ; c’est ce à quoi Natacha Polony appelle en ce brillant essai.

Caroline Duschene

Ce poste a été rédigé par
Secrétaire départemental du Collectif Racine 77 Coordonnateur interdépartemental du Collectif Racine pour l’Île-de-France.

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